LE RACING DOMINE ET GAGNE... DE JUSTESSE
Ainsi que l'on devait s'y attendre, les Suisses ont opposé une résistance farouche aux racingmen et il s'en fallut de peu que ces derniers fussent éli- minés de la Coupe de France. Le match s'est déroulé devant le ministre de Suisse à Paris et devant une nombreuse assistance, on dut même refuser du public aux tribunes.
La partie
Le Racing joue avec le soleil et de suite en ac- tion domine franchement pendant un quart d'heure, puis les Suisses se reprennent et le jeu devient plus égal. Sur un centre de Toulon. Genton qui faisait ses débuts, marque un but pour le Racing et celui- ci continuera à faire des incursions dangereuses. Kaeret arrête plusieurs essais avec peine. Zher dis- tribue et fait de belles ouvertures à ses avants. Offierdinger shoote à 40 mètres. Calafat bloque la balle et la laisse glisser entre ses jambes permet- tant aux Suisses d'égaliser. Plusieurs corners sur les buts suisses sont donnés sans résultat et la mi- temps est sifflée.
A la reprise, le Racing attaque et sur centre de Triboulet, Mercier marque un second but pour le Racing. Les Suisses ont dominé et leurs avants ne parviennent pas à déborder la défense du Ra- cing. Ils essayent de loin le but égalisateur et cela leur réussit; un shot à 30 mètres est essayé et Ca- lafat croyant la balle dehors laisse passer sans faire un mouvement. A partir de ce moment les Suisses donnent à fond, et Baumann, bien secondé par Dupoix, arrête des essais dangereux. Jourda remonte ses hommes et par intermittences le Ra- cing essaie de marquer et échoue sur les poteaux ou sur des jambes adverses. La fin est sifflée et les prolongations sont jouées.
Le Racing veut gagner. Les Suisses doivent con- céder plusieurs corners qui ne donnent pas de résul- tat : ils donnent des signes de défaillance et le Racing en profitera pour attaquer; la deuxième untemps de la prolongation leur permet, sur centre de Triboulet, de marquer un troisième but par Genton. Sur corner Devic en marque un quatrième qui n'est pas accordé pour off-side; enfin, sur centre de Toulon, Privat shoote sur la barre; Genton reprend et marque un cinquième but. Deux corners sont encore donnés sans résultat et la fin est sifflée. Les Suisses, ainsi qu'il était prévu, donnèrent leur maximum d'effort pour gagner. Leur ligne de demis fut égale à celle d'en face, mais les forwards jouèrent trop en l'air ce qui permit à Baumann d'utiliser sa taille et de dégager de la tête. Le Racing, au-dessous de sa forme, fut décevant tout au cours du match. Il ne s’est vraiment retrouvé qu’au cours des prolongations où il fit cavalier seul et montra une nette supériorité dans toutes ses lignes. Signalons la forme parfaite des joueurs sur le terrain, la correction de leur jeu ainsi que l’arbitrage impeccable de M. de Ricard.